vendredi 22 octobre 2010

La Chine lance son propre outil de cartographie en ligne Map World


Depuis ce matin, de nombreux tweets attestent de l'apparition d'un nouvel acteur dans la sphère de la cartographie en ligne: le bureau national d'arpentage et de cartographie chinois a lancé hier "Maps World", son outil équivalent de Google Maps/Earth. En soit, c'est un petit évènement pour plusieurs raisons:
  • La mise en ligne de cet outil est une nouvelle étape dans l'opposition entre Google et le gouvernement chinois (voir article)
  • Nommer un service en ligne "Map World" montre d'emblée la volonté de se situer au niveau mondial, proposant un ensemble de données, pas seulement en direction des internautes chinois.
  • Centré sur la Chine, quelles propositions de résolutions de conflits de frontières nous propose cet outil ?
  • Il est aussi intéressant de voir comment cet outil a été construit, comment le gouvernement chinois compte pérenniser l'outil, le développer...
  • Enfin et surtout, à nouvel outil, nouveaux usages, nouvelles applications.
Selon différentes sources  et selon nos propres testes (succincts, cependant) voici quelques indications sur le service:
  • Il s'agit d'une première version, le service en étant à un "stade préliminaire" , l'une des étapes suivantes consistant à rétrocéder cet outil à une grande société chinoise. elle pourra donc entrer directement en concurrence avec Google.
  • les données géologiques seraient mises à jour, dans un premier temps, tous les six mois, Google Maps intègre ces évolutions en temps réel...
  • Techniquement, le passage des dalles carto aux images satellites se fait sans aucun plugin, directement grâce au navigateur, par contre, l'option n'est disponible que pour Windows et Mac (Sniff..) 

    • Le passage à la 3D se fait grâce à un plug in exécutable "GeoGloberuntime.exe", par contre, il semble poser problème, notamment avec internet explorer 9 (pas testé).
    • Par contre, la résolution des images satellites pour la Chine est inférieure à celle déployée par Google.
    • Des outils de cartographiques  sont aussi disponibles dans le module 2D. On peut donc créer des lignes, des polygones, ajuster la grosseur du trait, ajouter un repère. Les différents éléments cartographiques sont alors disponibles dans la même fenêtre.

    • Plusieurs onglets sont disponibles en haut à droite: si la plupart ne semble pas d'une importance déterminante, le second en partant de la gauche m'a interpellé: il permet d'accéder à une carte dynamiques des provinces chinoises: on y retrouve Taïwan, les îles Senkaku dont on a déjà parlé récemment (voir article)...Il en va de même pour les problèmes de frontières... On a bien une vision cartographique chinoise de son propre territoire...

    • On peut enfin enregistrer sa carte au format image et l'imprimer.
    • Au niveau des images satellites, celles qui couvrent le territoire chinois en particulier la place Tiannanmen et l'exposition universelle de Shangaï sont très récente. Globalement et à quelques execptions près,  l'imagerie satellitale disponible sur MapWorld est plus ancienne que celle de Google Maps/Earth. La résolution maximum semble être de 500 mètres, résolution qui passe à 2.5 mètres pour la carte de la chinoise, voir 0.6 pour près de 300 villes chinoises selon les données du site asiaonenews.
    • Enfin, certaines zones classées secret-défense ne sont pas accessibles; comme le note Min Yiren, directeur adjoint du BTCC: "Toutes les informations de cartographie ont été autorisées par le BTCC et le ministère en lien avec la sécurité nationale".
    Que conclure sur ce nouvel outil ?
    • Il s'agit d'une version préliminaire avant l'intégration par une société chinoise agréée.
    • Si les outils proposés sont adaptés et intéressants, ils restent pour le moment en retrait par rapport à ceux de Google
    • Même si le nom du service a une vocation mondiale, le fait qu'il n'existe pas, pour le moment, de version anglaise montre que l'outil s'adresse clairement au monde asiatique, chinois en particulier (y compris dans la résolution des images satellites...)
    • Outil ouvert à tous et toutes, il reste attaché à une vision cartographique purement chinoise; le service montrant comme acquis ce qui reste litigieux...
    • Ce service peut donc être soumis à une double lecture: lecture technique sur les possibilités du service; lecture géopolitique sur les certitudes cartographiques et donc territoriales des chinois.


    Sources: Ogle Earth, Asiaonenews, Reuters