Au mois de mars 2010, le quotidien espagnol Minutodigital.com rapportait une nouvelle erreur de Google à propos de l'attribution de l'îlot controversé de Leïla aux marocains (Perejil en espagnol) (voir article dans la lettre d'information géomatique). Quelques mois plus tard, en juillet, l’Espagne avait demandé à Google de revoir ses données.
Du coup, Google a du se pencher sur la question de ces territoires; l'entreprise a donc contacté les Nations Unis pour connaitre le statut de ces îles. Considérées comme des territoires contestés, elles ont donc un statut particulier au yeux des cartographes de Google: ainsi,ils ont décidé de n'attribuer le territoire ni à l'un, ni l'autre...
Pour le moment, cet îlot est retourné à l'Espagne, en attendant une autre solution. Mais quelle solution ? Ne rien noter, comme si cet îlot n'appartenait à personne ou en ajoutant les deux noms ? Ce genre de problème peut-il être résolu par le cartographe ? Si l'on peut toujours avoir recours à des pointillés temporaires pour une frontière terrestre contestée, c'est bien différent pour une île...
A suivre...
Source: Yabiladi
Affichage des articles dont le libellé est frontières. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est frontières. Afficher tous les articles
samedi 13 novembre 2010
dimanche 7 novembre 2010
Des nouvelles de la frontière Nicaragua/Costa Rica et Google Maps
Plusieurs sites proposent des analyses sur cet incident diplomatique entre le Costa Rica et le Nicaragua:
L'attitude de Google est intéressante; la société de MontainView semble assez ennuyée par cette affaire: "Notre but est de fournir les cartes les plus précises et récentes possibles. Les cartes sont créées à l’aide d’une grande variété de sources de données, et il y aura inévitablement des erreurs dans ces données. Nous travaillons dur pour corriger toutes les erreurs dès que nous les découvrons." [...] "La cartographie est une entreprise complexe, et les frontières changent sans cesse. Nous nous engageons toujours à mettre à jour nos cartes dès qu’il le faudra". Google ainsi développe deux arguments liés: la complexité des données et leurs croisements engendrent des erreurs, surtout dans une gestion globalisée des données cartographiques. Enfin, il montre aussi la difficulté à mettre à jour les dalles de Google Maps et Earth: Google travaille avec des services de données; Ces outils sont des visualisateurs dépendants de sociétés commerciales. Du coup, ces erreurs sont moins visibles dans un projet de cartographie en ligne comme OpenStreetMap:
Une belle démonstration du caractère inexact, voir subjectif de la cartographie, y compris au niveau des fournisseurs de données. Autre impact: quelle aurait été l'attitude du Nicaragua, si Bing Maps avait été pris comme cartographie de référence ? Les armées auraient envahies une bande de 10 km ?
- Goopilation propose la traduction de la réponse officielle de Google (via Google Lat Long); Google reconnait ses erreurs et s'appuie sur une démonstration historique pour justifier leurs changements de frontière: "ne version corrigée suivra la rive est de la rivière San Juan vers le nord, presque jusqu’aux Caraïbes. Elle tournera alors vers l’est, longeant le rivage sud d’un large lagon, Laguna los Portillos. Cette représentation suit la démarcation définie par le Premier Accord d’Arbitrage de 1897, qui affirmait le traité de Cañas-Jerez de 1858.En 1888, le Président des Etats-Unis Grover Cleveland fut sollicité par le Nicaragua et le Costa Rica pour arbitrer le conflit. Cette année là, le New York Times publia la décision du Président Cleveland. L’Arbitrage de 1888 confirmait le traité de 1858 et ses termes. Puis, en 1897, Cleveland envoya Edward P. Alexander réaliser un Accord d’Arbitrage plus détaillé pour cette région. Alexander détailla particulièrement la frontière de la rivière San Juan et dessina la carte ci-dessous :
L'attitude de Google est intéressante; la société de MontainView semble assez ennuyée par cette affaire: "Notre but est de fournir les cartes les plus précises et récentes possibles. Les cartes sont créées à l’aide d’une grande variété de sources de données, et il y aura inévitablement des erreurs dans ces données. Nous travaillons dur pour corriger toutes les erreurs dès que nous les découvrons." [...] "La cartographie est une entreprise complexe, et les frontières changent sans cesse. Nous nous engageons toujours à mettre à jour nos cartes dès qu’il le faudra". Google ainsi développe deux arguments liés: la complexité des données et leurs croisements engendrent des erreurs, surtout dans une gestion globalisée des données cartographiques. Enfin, il montre aussi la difficulté à mettre à jour les dalles de Google Maps et Earth: Google travaille avec des services de données; Ces outils sont des visualisateurs dépendants de sociétés commerciales. Du coup, ces erreurs sont moins visibles dans un projet de cartographie en ligne comme OpenStreetMap:
- Ogle Earth propose une analyse très fouillée de l'incident et précise également la frontière vue dans Bing Maps: il montre qu'en grandissant l'échelle, on se rend compte aussi que la frontière n'est pas tout à fait juste; elle ne suit pas exactement le cours du San Juan (approximation d'une dizaine de kilomètres). C'est un cas particulier où le changement d'échelle offre des visées différentes. Avec plus de recul, la frontière paraît exacte, et plus on "zoome", plus on se rend compte que l'implantation de la frontière est...inexacte...
Une belle démonstration du caractère inexact, voir subjectif de la cartographie, y compris au niveau des fournisseurs de données. Autre impact: quelle aurait été l'attitude du Nicaragua, si Bing Maps avait été pris comme cartographie de référence ? Les armées auraient envahies une bande de 10 km ?
- La réponse du Nicaragua ne s'est pas fait attendre: sur le site InsideCostaRica, on découvre que les dirigeants du Nicaragua ont adressé une lettre à google mise à la disposition de la presse où ils demandent de ne pas changer les frontières; pour justifier cette demande, il s'appuie sur les déclarations de Alejandro Rodriguez, directeur général de l'Institut nicaraguayen des études territoriales (INET), en charge des cartes officielles du Nicaragua.
- Google montre ses limites à intégrer des données dont elle n'est pas le dépositaire; elles interrogent donc sur la construction des données cartographiques proposées dans les géoportails et les globes virtuels
- Elles rappellent à quel point la cartographie et le tracé des frontières sont des arts subjectifs, fonction d'argumentaire et de consensus entre les états.
- Comme le titre le petit blog cartographique: "La cartographie sert toujours à faire la guerre"
Libellés :
frontières,
Google maps
vendredi 5 novembre 2010
Une erreur sur Google Maps entraine un incident diplomatique.
Les heurts entre le Costa-Rica et le Nicaragua ont pris une tournure particulière récemment. Le Costa Rica a envoyé mardi des renforts à sa frontière avec le Nicaragua, après l'incursion de troupes du Nicaragua sur son territoire. les autorités ont réclamé l'arbitrage de l'Organisation des Etats américains (OEA), qui se réunira mercredi.
Plusieurs éléments sont reprochés au Nicaragua: une équipe aurait déversé des sédiments sur l'île de Calero appartenant au Costa Rica qui est intégrée dans une réserve naturelle protégée. Le lendemain, le ministre de la Sécurité, José Maria Tijerino, a dénoncé "la présence de troupes du Nicaragua" sur l'île, qui en ont pris possession.
Sur quels critères, ces troupes ont-elles envahies leur voisin ?
Le colonel Juan Ramon Morales déclare pourtant que "Nous pouvons affirmer (...) que nous sommes en territoire nicaraguayen". D'où lui vient cette certitude frontalière qui a quand même entrainé l'invasion du voisin ?
Pour rappel, d'un point de vue légal, le traité de 1858 a attribué au Nicaragua la rive septentrionale et les eaux du fleuve tandis que la rive méridionale est revenue au Costa Rica.
Le prétexte fourni par les dirigeants du Nicaragua est en fait une erreur de frontière de Google Maps:
Pourquoi peut-on dire que c'est un prétexte ?
en fait l'erreur n'est visible que sous Google Maps. Google Earth fournit une frontière "légale":
Bing maps:
et sous Yahoo Maps:
C'est une nouvelle forme de relation entre cartographie en ligne et géopolitique. Jusque là on sollicitait Google pour abriter les conflits; ici, c'est la cartographie qui devient argument pour prendre physiquement le contrôle d'un territoire.
Source: Gizmodo
Plusieurs éléments sont reprochés au Nicaragua: une équipe aurait déversé des sédiments sur l'île de Calero appartenant au Costa Rica qui est intégrée dans une réserve naturelle protégée. Le lendemain, le ministre de la Sécurité, José Maria Tijerino, a dénoncé "la présence de troupes du Nicaragua" sur l'île, qui en ont pris possession.
Sur quels critères, ces troupes ont-elles envahies leur voisin ?
Le colonel Juan Ramon Morales déclare pourtant que "Nous pouvons affirmer (...) que nous sommes en territoire nicaraguayen". D'où lui vient cette certitude frontalière qui a quand même entrainé l'invasion du voisin ?
Pour rappel, d'un point de vue légal, le traité de 1858 a attribué au Nicaragua la rive septentrionale et les eaux du fleuve tandis que la rive méridionale est revenue au Costa Rica.
Le prétexte fourni par les dirigeants du Nicaragua est en fait une erreur de frontière de Google Maps:
Pourquoi peut-on dire que c'est un prétexte ?
en fait l'erreur n'est visible que sous Google Maps. Google Earth fournit une frontière "légale":
Bing maps:
et sous Yahoo Maps:
C'est une nouvelle forme de relation entre cartographie en ligne et géopolitique. Jusque là on sollicitait Google pour abriter les conflits; ici, c'est la cartographie qui devient argument pour prendre physiquement le contrôle d'un territoire.
Source: Gizmodo
Libellés :
frontières,
Google maps
mardi 7 septembre 2010
De la ligne pointillée des frontières...
Google LatLong a annoncé fin juillet le "règlement" de plusieurs points de discordes autour de frontières. On découvre notamment que les espaces controversés, les plus médiatisés ont trouvé une issue cartographique. Deux cas se présentent: soit la ligne de frontière antérieure est une erreur de la part de Google: dans ce cas là, elle est juste modifiée. Si la ligne de frontière est contestée, elle apparaît en pointillé.
Cette démarche est louable et semble mettre fin, pour un temps, en tout cas à la polémique des différents serveurs cartographiques (pour rappel, en fonction du pays où l'on vit, notamment en Chine ou en Inde, les lignes de frontières s'étaient pas les mêmes, voir article sur les frontières et Google Earth).
Pourtant, cette solution ne peut être que provisoire: la ligne pointillée, si elle contente les deux états riverains et soulage diplomatiquement Google, est aussi la ligne de l'indécision cartographique. Elle peut faire office de précédent pour de futures contestations frontalières et une source de nouveaux ennuis pour Google.
Au final, Il est clair que c'est un problème cartographique insoluble en l'état. Aussi puissante que peut l'être la société Google, elle n'a pas encore pour vocation de régler les problèmes frontaliers des États. Elle n'est ici que l'instrument involontaire des politiques gouvernementales qui font des instruments cartographiques de Montain View une référence scientifique de part leurs popularités. Ils ne sont que des témoins indépendants à qui l'on demande de prendre parti...
Plusieurs cas ont ainsi trouvé une issue comme le montre le site Ogle earth:
Cette démarche est louable et semble mettre fin, pour un temps, en tout cas à la polémique des différents serveurs cartographiques (pour rappel, en fonction du pays où l'on vit, notamment en Chine ou en Inde, les lignes de frontières s'étaient pas les mêmes, voir article sur les frontières et Google Earth).
Pourtant, cette solution ne peut être que provisoire: la ligne pointillée, si elle contente les deux états riverains et soulage diplomatiquement Google, est aussi la ligne de l'indécision cartographique. Elle peut faire office de précédent pour de futures contestations frontalières et une source de nouveaux ennuis pour Google.
Au final, Il est clair que c'est un problème cartographique insoluble en l'état. Aussi puissante que peut l'être la société Google, elle n'a pas encore pour vocation de régler les problèmes frontaliers des États. Elle n'est ici que l'instrument involontaire des politiques gouvernementales qui font des instruments cartographiques de Montain View une référence scientifique de part leurs popularités. Ils ne sont que des témoins indépendants à qui l'on demande de prendre parti...
Plusieurs cas ont ainsi trouvé une issue comme le montre le site Ogle earth:
| Le temple de Preah Viehar avant... |
| Et après... |
Libellés :
frontières,
Google earth
mardi 18 mai 2010
Les images de Google Earth au service de la sauvegarde de la biodiversité à la frontière de la Corée du Nord et de la Chine

Guofan Shao, professeur de "géo-éco-informatique" a étudié la Réserve du Mont Paekdu, en Corée du Nord, située à la frontière avec la Chine. A cause de la règlementation très stricte de son accès, il est contraint de poursuivre ses observations grâce aux images satellites fournies par la NASA et autres services, en utilisant Google Earth.
Cette réserve, protégée par l'ONU, est l'une des plus riche au monde en matière de biodiversité.
Il a pu constaté des changements importants de terrain sans pouvoir connaître l'origine de ces changements. la résolution des images satellites ne lui a pas permis de déterminer l'activité responsable de cette évolution.
Il a pu observé de semblables modifications du côté chinois de la réserve. Après enquête, la raison de cette détérioration illégale d'une zone protégée par les Nations Unies n'est autre que la surexploitation des noix de pins.
Source: Ogle Earth
Libellés :
frontières,
Google earth
Inscription à :
Articles (Atom)





